Je respire leur odeur, les pas devant moi,
les cailloux lancés sur un gazon abîmé.
Je respire les senteurs, leurs rires désolés,
les gouttes de pluie s’écrasant sur leur nez.
Je respire les peurs, leurs mots devant moi
attelé à leur cœur un cheval qui bascule.
Je respire leurs pleurs, les douces ritournelles
envolées dans les airs de minuscules bulles.
Je respire le bonheur, leurs voix solennelles
les arbres haut-perchés qu’ils essaient de grimper.
Ils inspirent, expirent avec moi
Sur leur petit nuage, la sage atmosphère
Ils inspirent, expirent tout bas
Avec leur ventre, ils respirent avec moi
Je respire leur âme, les pages qu’ils tournent,
les danses improvisées sur un trottoir doré.
Je respire les drames, la peau de leur visage,
les lettres cachées dans un tiroir agacé.
Je respire les armes, la fatigue d’aimer,
la virgule qui nage en bas de la page.
Je respire le vacarme, les marques de maquillage
la couverture endormie dans un coin de leur lit.
Je respire le charme, les chemins empruntés,
leurs drôles de petites bêtes le soir imaginées.
Ils inspirent, expirent pour moi
Sur leur petit nuage, un fil imaginaire
Ils inspirent, expirent tout bas
Avec leur ventre, ils respirent pour moi
Je respire, pire…
J’inspire, j’expire
Je m’inspire
J’aspire, je souffle, je soupire
Je suis vivante
Leur air je siffle
Leur air je respire
Je respire
Je respire les costumes, les plumes,
Je respire les agrumes, les rhumes,
hume l'écume
du parfum apaisant, je m’inspire
Je respire
Je hume
Leur air je siffle
Leur air je respire
Je suis vivante
Je respire